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Depuis l’arrivée de la crise sanitaire, le concept de la ville du quart d’heure est revenu au centre de toutes les discussions. La pandémie a entraîné un changement éphémère (ou peut-être pas), des modes de vie. Ainsi, les déplacement ont été réduits à un kilomètre autour du domicile obligeant les français à revenir à une consommation plus « locale ». Les plus chanceux ont redécouvert les petits commerces de leur quartier tandis que les autres se sont retrouvés confrontés à des quartiers « fantômes », rendant difficile l’assouvissement de leurs besoins essentiels. Il était donc impératif de trouver, à proximité directe de chez soi, le nécessaire.

La ville du quart d’heure peut-elle intervenir en réponse aux enjeux sanitaires et climatiques actuels ? Quel rôle les tiers-lieux ont à jouer dans l’application de ce concept ?

Que se cache-t-il derrière le concept de ville du quart d’heure ? 🔎

En fait, l’idée développée et théorisée par Carlos Moreno, n’est pas neuve. Le principe est simple: plutôt que de jouer sur la technicité pour répondre à l’éclatement spatial des villes, il s’agit d’adapter les infrastructures existantes aussi appelées « ressources cachées » afin de trouver, à moins d’un quart d’heure (à pied ou en vélo), l’essentiel.

Pour résumer :

Plutôt que d’aménager la ville, l’idée, c’est d’aménager la vie.

Les six fonctions considérées comme étant essentielles sont :

  • l’habitation
  • le travail
  • l’approvisionnement
  • l’école
  • l’accès aux soins
  • les loisirs

ville du quart d'heure Paris
Source : Mairie de Paris

Cette proximité « heureuse » permettrait aux habitants de recréer du lien social et donc, de participer à la réduction des inégalités. De plus, l‘application de ce concept permet de lutter contre le réchauffement climatique. En effet, les déplacements carbonés diminuent (puisqu’ils ne sont plus imposés) pour laisser place à des déplacements propres (marche et vélo). Pour suivre la même idée, le concept permet de favoriser les circuits courts mais aussi de recréer de la biodiversité. Enfin, cela permet de faire des économies significatives.

Quelle est son application concrète ? 📚

Le but c’est de s’éloigner, de plus en plus, d’un modèle urbain fragmenté où tous les trajets doivent se faire en transports (voiture, métro, etc). Les villes s’intéressent de plus en plus au modèle en étoile, décentralisé. Pour réussir à l’implémenter, il ne faut pas compter sur la construction de nouveaux équipements mais plutôt sur la transformation de ceux qui existent. Ainsi, c’est une logique de multi-services qu’il faut intégrer. Les quartiers concentreront les besoins essentiels et non plus les centres-villes.

Contrer la sous-utilisation des bâtiments

De nombreux bâtiments ne sont aujourd’hui, ni rentables, ni optimisés, puisqu’ils n’ont qu’une seule et même fonction. Ainsi, il s’agit de repenser les usages.

En guise d’exemple, la ville de Paris a pour projet de transformer les cours d’école, en dehors des horaires habituels, en réels lieux de vie associative. Il s’agirait d’espaces de rencontres alliant par exemple, pratique sportive et garde d’enfants.

nouveaux usages école
Source : Mairie de Paris

Apaiser la ville

Les places de parking laisseraient, dans l’idéal, place aux terrasses végétalisées et aux jardins partagés. Les rues piétonnes seraient quand à elles élargies et pleines de verdure pour favoriser les déplacements propres. L’idée ici, c’est de transformer un lieu de passage en un espace de rencontres.

Repenser les déplacements

Dans ce contexte, les espaces de coworking, et plus largement les tiers-lieux, s’avèrent jouer à la fois un rôle d’accélérateur mais aussi de facilitateur dans l’implantation du concept.

En effet, ils offrent la possibilité aux salariés de travailler à proximité de leur domicile grâce à des bureaux « satellites » répartis dans toute la ville et même, dans tout le pays. Ils n’ont donc plus à subir les déplacements autrefois obligatoires, pour aller au siège de leur entreprise par exemple.

En parallèle, ils permettent de répondre à un besoin grandissant des entreprises : celui de réduire leur empreinte carbone.

De plus, selon le professeur en psychologie Richard Bentall, les bureaux de proximité rendraient les télétravailleurs plus résilients et plus heureux.

L’idée est-elle utopique ? 💡

Un certain nombre de mégalopoles à travers le monde ont déjà implémenté ce concept : Melbourne, Medellín, ou encore Ottawa. Nantes et Paris ont plus récemment engagé une réflexion poussée autour du concept. En fait, les quartiers de ces mégalopoles traduisaient pour la plupart, déjà ce principe de ville du quart d’heure, comme une prédisposition.

Cependant, l’application de la théorie suppose un travail de longue haleine. En effet, les villes doivent être rééquilibrées, allant bien souvent à l’encontre du modèle développé depuis des années, celui de « l’hybermobilité ». Pour que cela fonctionne, il faut donc une réelle implication de la part des élus et de pouvoirs politiques.

De plus, le concept de la ville du quart d’heure sera différent sur chacun des territoires. En fait, la difficulté réside dans le fait que les situations sont très contrastées sur l’ensemble du territoire. En effet, il sera plus difficile à mettre en place dans les zones rurales, dans les villes où les infrastructures sont insuffisantes. Dans ce cas, on peut espérer mettre en place des espaces « de la demi-heure ».

La ville du quart d’heure en résumé…

Ce qu’il faut retenir, c’est que la ville du quart d’heure à encore du chemin à parcourir avant de devenir le modèle de référence (s’il le devient). En effet, une part considérable de la population vit dans des zones rurales où la théorie est difficile, voire impossible à appliquer.

Cependant, la voie est ouverte pour penser la ville autrement : plus participative, durable, mixte et ubique. Le challenge réside dans l’adaptation de ce modèle à chacune des zones du territoire dont les enjeux sont très différents.

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